Réflexion sur The Poseidon Adventure|La possibilité de l’autonomie humaine
Dans cet essai, j’examine le film The Poseidon Adventure (1972, États‑Unis) à partir de la question suivante : l’autonomie est‑elle possible chez l’être humain ? Pour ce faire, j’utiliserai les notions d’autonomie et d’extériorité.
Le film met en scène un paquebot de luxe qui, frappé par un séisme, se renverse complètement ; le haut et le bas du navire s’inversent, et les passagers doivent trouver un moyen de s’en échapper. Environ trente minutes après le début du film, les passagers et les membres d’équipage, qui célébraient le passage du Nouvel An, sont violemment projetés contre le plafond lorsque le navire chavire. Le bateau fonctionne comme une métaphore de la société hiérarchisée : lorsque cette structure se retourne, ceux qui occupaient les positions supérieures tombent au plus bas, et les survivants doivent avancer vers ce qui était autrefois la partie inférieure du navire, désormais émergée à la surface. Ce qu’ils cherchent à atteindre n’est plus une position sociale élevée, mais la possibilité de vivre selon leur propre volonté.
L’inondation qui envahit le navire évoque l’Autre chez Lévinas ; la différence entre ceux qui grimpent au sapin de Noël et ceux qui restent en bas symbolise ceux qui s’orientent vers l’autonomie et ceux qui en sont incapables ; le sacrifice du prédicateur qui ouvre la porte de sortie évoque l’entrée vers l’autonomie.
Pour analyser ce film, je propose un concept clé : l’autonomie.
L’autonomie consiste à affronter une situation où son monde social s’effondre, à reconnaître l’énergie vitale qui surgit dans cette fissure, et à vivre ensuite selon une règle intérieure qui se forme lorsque les normes extérieures disparaissent.
Le paquebot représente la structure sociale. Il y a les concepteurs du système, le capitaine qui en assure la domination, et les passagers qui vivent sous ce contrôle — eux‑mêmes suffisamment riches pour voyager sur un navire de luxe. Lorsque le navire se renverse, la structure sociale se renverse avec lui. Les survivants se dirigent vers ce qui était la partie inférieure du navire, et les passagers, jusque‑là portés par le contrôle social, doivent découvrir une voie où ils vivent selon leur propre volonté. Ici, « monter » ne signifie pas accéder à une position sociale supérieure, mais atteindre quelque chose de plus éthique. En avançant vers ce « haut » par leur propre décision, les passagers deviennent, à la fin du film, des êtres autonomes.
Je souhaite maintenant universaliser la structure extraite du film.
Les personnes qui vivent sous le contrôle des couches supérieures de la société ne peuvent pas décider par elles‑mêmes. Mais lorsqu’elles parviennent à choisir leur propre voie, elles deviennent autonomes. Les structures sociales existantes refusent l’autonomie ; pourtant, lorsque ces structures se fissurent, l’individu peut relativiser son intériorité, produire une nouvelle norme et vivre selon celle‑ci : c’est l’autonomie.
La fissure signifie que l’extériorité devient visible. L’extériorité est ce qui n’appartient pas au social. Kant a formulé l’impératif catégorique : chacun peut devenir autonome en vivant selon une maxime universalisable qu’il adopte comme sa propre loi. C’est ce que j’appelle ici une norme.
Lévinas, quant à lui, affirme que la rencontre avec l’Autre détruit le moi, fait naître la responsabilité, et engendre l’éthique et la subjectivité. Cet Autre est l’extériorité ; l’éthique rend possible l’autonomie.
Ainsi, la structure de l’autonomie est la suivante : l’extériorité brise les normes, l’Autre se dresse devant soi, une responsabilité surgit, l’éthique se constitue, une norme intérieure apparaît, le sujet se forme, et l’individu s’élève vers l’autonomie.
Foucault décrit la société disciplinaire comme un espace compartimenté où les individus sont enfermés, surveillés par des gestionnaires, et nourris par des distributions. C’est la structure sociale dont il faut s’échapper par l’autonomie.
Appliquons cette structure à l’histoire.
Prenons l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale : les fonctionnaires qui ont administré la Shoah sous les ordres d’Hitler, les Européens qui ont obéi aux discriminations, les Juifs qui n’avaient aucun moyen de résister.
Du point de vue de l’autonomie, il est clair que cette situation était dépourvue d’autonomie. La violence militaire et policière imposait l’obéissance. Les soldats et policiers nazis ne faisaient qu’exécuter des ordres ; les habitants européens ne faisaient qu’obéir ; les Juifs subissaient.
Bien sûr, il y eut des résistants, et des habitants qui les aidèrent. On peut y voir une forme d’autonomie : décider soi‑même de sa vie, même au prix du danger.
Où se trouve la résistance aujourd’hui ?
Elle existe partout, de manière manifeste ou latente.
Par exemple, les manifestations récentes aux États‑Unis contre les opérations de répression menées par les autorités migratoires — les protestations « We don’t need a king ».
Le média alternatif Democracy Now! rapporte quotidiennement des mouvements de protestation dans tout le pays. Des citoyens marchent dans les rues avec des banderoles, affrontant police et militaires sans armes. Ils sont aspergés de gaz au poivre, pleurent, mais ne reculent pas.
Décider par soi‑même. Décider collectivement de son propre avenir. Protester lorsque le gouvernement agit contre ses convictions. Et le faire sans violence.
Cette idée — nous décidons nous‑mêmes de nos vies — n’existe que si l’autonomie individuelle existe.
Lorsque la violence de l’agence de contrôle migratoire relativise la confiance envers le gouvernement, les citoyens réactivent leur autonomie et protestent.
Ainsi, l’autonomie se manifeste encore aujourd’hui sous forme de résistance.
Revenons à la question initiale : l’autonomie est‑elle possible chez l’être humain ?
La réponse est simple : oui, l’autonomie est possible.
Face au tsunami, face à la violence nazie, face à la violence de l’agence migratoire américaine, l’être humain est contraint de relativiser le pouvoir, et c’est là que naissent résistance et protestation.
Tant que l’être humain vit, il porte en lui la possibilité de réaliser l’autonomie — et cette possibilité se réalise effectivement.
"In natural circumstances the conflict between the interest of the feminine individual and that of the species is so acute that it often brings about the death of either the mother or the child: it is human intervention, medical or surgical, that has considerably reduced - and even almost eliminated - the formerly frequent mishaps." (p.485)
サウジアラビアの大学が出した論文”Reasons for childbirth‑related fear among pregnant women. A cross‑sectional study in a teaching institution” 妊娠女性の間での出産関係の恐怖の理由。教育機関でのクロス・セクショナル・スタディ の要約ではこう言われている。
"The primary fears included the fear of the baby being injured during delivery, fear of something being wrong with the baby, fear of needing a CS, and fear of experiencing tearing during birth (episiotomy). Older age, having an abortion, or having a vaginal birth were significantly associated with increased childbirth fears."